LE PROJET LISSAL

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Sa dynamique d’action est basée sur une synthèse d’histoires d’amitié. L’objectif de toute action est constant : l’autonomie d’un peuple, pour éventuellement parvenir à la libre détermination. C’est pour cela que, quelle que soit notre implication au Niger, elle concerne tous ceux qui s’y reconnaissent; elle peut parfois concerner un petit groupe (pour des raisons pratiques), mais son but est de s’étendre à d’autres nomades ou ethnies.

Les valeurs défendues, dans le cas des Peuls, sont : un système communautaire, préserver un certain degré de nomadisme (celui-ci dépend du contexte quotidien et des saisons pluvieuses), entretenir la culture et d’autres valeurs ancestrales (notamment par un système scolaire adapté), une approche réfléchie et synthétique sur la notion de soin (prise en compte des connaissances occidentales et indigènes), le maintien de la cosmogonie autochtone et le respect des droits reconnus universellement.

Les Peuls Wodaabé constituent un peuple à part dans la grande famille des Peuls ; ils font partie des derniers peuples nomades de notre planète et se trouvent écartelés entre des principes viables ancestraux et la réalité cinglante de notre monde qui s’ancre dans le néolibéralisme. Les membres de ce peuple s’interrogent sur leurs valeurs et la manière de les préserver tout en devenant des citoyens dans leur pays et en intégrant des valeurs mondiales saines.

Les Peuls Wodaabé ne cherchent plus à s’éloigner des étrangers pour se préserver, mais à les rencontrer. Ils sont en train de modifier radicalement leur attitude vis à vis de l’extérieur, ce qui ne sera pas sans conséquences (bien souvent irrémédiables) sur leur devenir. Leur situation n’a certes, rien d’original (nombreux sont les peuples du monde qui ont étés confrontés à ces réalités), mais l’urgence qui les presse, avec les sécheresses qui augmentent et la malnutrition qui s’en suit, peut engendrer des actions inadaptées aux valeurs dans lesquelles ils se reconnaissent et à la terre qui les fait vivre.

L’expérience mondiale en la matière est essentielle, mais en tant qu’européens, nous pouvons élargir leur champ d’action. Un grand nombre d’hommes, de femmes et de jeunes a déjà énormément échangé avec notre monde, ce qui a modifié la manière dont ils interprètent leur réalité et cherchent à l’améliorer. Cependant l’urgence les presse : les sécheresses qui augmentent génèrent la malnutrition, la misère et bien d’autres fléaux source d’instabilité.

Sans vouloir tomber dans une forme d’utopie romantique, il me semble que les expériences de notre planète sont suffisantes pour diriger les pas de nos volontés vers un changement adapté à la réalité mondiale. L’argent est certes, indispensable à toute dynamique actuelle, mais il n’en reste pas moins qu’il doit être bien employé au risque de générer des situations contraires à la dynamique initiale.

Je me réfère pour cela à l’expérience touarègue qui est le premier exemple à « portée de chameau ». La rébellion a eu certes des conséquences positives sur le quotidien de ces derniers, mais de nombreuses manipulations en tous genres les ont introduits dans un futur qui bien souvent ne leur correspond plus. Grand nombre de leurs enfants ne sait plus écrire le tifina, a perdu la richesse du vocabulaire nomade, méconnaît la faune et la flore et s’identifie à des modèles étrangers.

Cette tendance existe chez de nombreux autres peuples autochtones, alors que d’autres prennent leur destin en main. Ainsi, grâce à des amitiés étrangères, mais surtout à leur détermination à ne pas suivre des mirages, certains peuples comme les Inuits, les Navajo, les Kunas et bien d’autres ont obtenu un territoire ; d’autres comme les Innus, les Himbas et les Kunas gèrent le tourisme selon les valeurs qu’ils défendent.Voici ma vision de la situation et mon engagement.

Je pense qu’en s’unissant, en intégrant et en transmettant les bonnes informations, une situation viable et honorable peut naître de notre participation.

On cherche en ce moment des issues telles la commercialisation d’artisanat (ou de création plus adaptée au concept européen) ou le tourisme équitable.

Pour que ces projets restent dans le cadre évoqué plus haut, nous devons poser clairement les finalités de l’utilisation des sommes obtenues. En voici quelques unes : achat de son ou de paille en saison sèche, rémunération d’instituteurs (de préférence Peuls) indépendants du gouvernement, achat de compléments alimentaires pour les personnes faibles et jeunes (la spiruline cultivée à Niamey a d’excellents résultats sur la malnutrition), mise en place d’autres démarches en accord avec les valeurs précitées.

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Il me semble important de souligner que, afin que tout cela se concrétise, les fortes dépenses engendrées lors des sécheresses (souvent vainement) pour sauver le cheptel, doivent être redéfinies. Après avoir discuté avec les nomades, j’ai compris que les anciens s’opposent à la vente de toute vache, celles-ci faisant partie de la lignée, ce qui est à l’origine de bon nombre de situations catastrophiques (perte quasi totale du cheptel suite à l’épuisement général). Perdre tout un troupeau pour ensuite tenter de le reconstituer au cours des années à venir, en comptant sur des pluies abondantes, sur les jeunes partis en ville pour ramener quelques francs, sur la solidarité familiale, me semble plus que aléatoire dans l’avenir capricieux de notre planète. En tant que non-Peuls, nous ne pouvons pas prendre de décision à leur place, mais nous pouvons réfléchir avec eux sur ce point. Ma position est de chercher un compromis évitant la perte de tous les fonds réunis par divers projets. Celui-ci concernant le refus de cautionner l’assistanat inspiré par une situation catastrophique après une sécheresse, mais ouvert à la recherche d’une stratégie permettant de préserver le minimum vital du troupeau et des humains.

le rêve

 

La société capitaliste a placé l’homme au centre de la société, mais certains peuples nous montrent encore ce que rien n’a pu effacer au plus profond de nous (même si certains l’oublient) : l’homme constitue le tout.

Je vais terminer sur cette petite histoire que Pierre Rabhi a dite fort à propos :

Une forêt était en feu. Tous les animaux fuyaient dans le sens opposé du vent. Mais tous croisaient un petit colibri qui allait dans le sens inverse. La tortue, intriguée, lui posa cette question : « pourquoi ne fuis tu pas comme nous ? »

Le colibri répondit : « Je verse de l’eau sur le feu. »

- « Mais tu ne parviendras jamais à l’éteindre, répondit celle-ci.

- Au moins je fais mon devoir. »

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Publié dans : Non classé | le 15 février, 2007 |1 Commentaire »

Les Wodaabé dans un monde en évolution

le puit 

  Les Wodaabé (sing. Bodaado) sont un sous-groupe des Peuls qui vivent dans toute l’Afrique occidentale. Les Wodaabé vivent en nomades avec leurs bovidés bororo (zebous) au Sahel nigérien. Et cela depuis quelque temps: on a découvert des peintures rupestres datant, selon certains, de près de sept mille ans, montrant des campements Wodaabé pareils à ceux d’aujourd’hui, les femmes portent même leurs coiffures de la même façon que de nos jours. Vivent-ils depuis si longtemps dans la même région? Sont-ils revenus après être parti et effectué une boucle qui les aurait ramenés dans la région? Il existe toutes sortes de théories concernant l’origine des Wodaabé et des Touaregs (Atlantis!) Cela ne les intéresse pas particulièrement, ils sont plus préoccupés par leur destinée. Après les grandes sécheresses du début des années soixante-dix et quatre-vingt, les pluies furent irrégulières et mal réparties. La végétation sur le territoire est moins abondante qu’avant avec pour résultat l’érosion et ci et là des parcelles qui s’ensablent complètement. La désertification est l’un des points primordiaux à l’agenda de l’Assemblée Générale des Touaregs. Partant du sud plus verdoyant, l’agriculture se rapproche du nord. Grâce aux techniques modernes, il est possible actuellement de cultiver des terres autrefois considérées comme inutilisables. Positif pour l’agriculteur, moins pour le nomade qui a vu ainsi disparaître ses meilleures terres de pâturage. Jadis il fut établi des limites à la croissance de l’agriculture, mais en pratique il n’en est rien apparu. En particulier durant les années de grande sécheresse, lorsque les nomades sont bien obligés de partir plus loin vers le sud, cela donne lieu à des conflits. Encore un point sur l’agenda: ’les conflits entre les nomades et les sédentaires’.     

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Publié dans : Qui sommes nous? | le 14 février, 2007 |Pas de Commentaires »

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